
Echos de la presse française

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Franche-Comté
Ils sont allemands, ils parlent français
et ils racontent une histoire italienne. A l'heure de l'Europe,
nous ne pouvions manquer une telle ouverture d'esprit et surtout
un si beau spectacle.
Ce merveilleux conte très connu, présenté de manière originale par
deux acteurs et leurs treize figurines, ont fait rêver petits et
grands pendant une heure.
Quand une marionnette se transforme en un vrai petit garçon qui
grandit et se marie avec une charmante jeune femme, c'est une histoire
peu banale qui commence bien. Quand ce même jeune homme raconte
son enfance à son épouse, cela devient un conte de fée rempli de
tendresse, de poésie et d'amour.
La petite figurine en bois, pas plus haute que trente centimètres
occupe toute la scène et ses manipulateurs deviennent ses complices,
ses rencontres au hasard du conte. Ils arrivent à nous faire croire
que Pinocchio parle réellement et que ses comparses ne sont que
d'affreux jojos. Heureusement que sa bonne fée veille sur lui et
le ramène dans le droit chemin.
Cette création contemporaine mêlant à la fois théâtre et marionnette
nous fait oublier la manipulation pour nous retrouver au cœur de
l'histoire. Les enfants vont vibrer pour elle et les adultes aussi...
La salle est en émoi devant un tel dialogue "mais Pinocchio, ton
père a vendu son manteau pour t'acheter un livre"... Les applaudissements
crépitent, on ne voudrait pas que ça finisse!
Les commentaires nous encouragent à persévérer dans cette voie,
celle de l'imaginaire et du sensible. Comment l'expliquer par des
mots? Ça ne se dit pas, ça se vit en allant au théâtre, voir du
théâtre -du vrai- dès le plus jeune âge.
www.theatre-enfants.com
Coup de coeur
A l’heure où l’on revisite Pinocchio avec force gadgets et débauche
de nouvelles technologies, il fait bon voir la version du Theater
1, compagnie allemande fidèle à l’esprit du livre fameux de Carlo
Collodi. Sans jamais dénaturer le mythe tendre et naïf de la plus
célèbre des petites marionnettes du monde, ils l’intègrent à un
cadre chaleureux et familier aux enfants.
Un petit restaurant italien abrite Luigi et sa femme Carola. Le
soir, après une journée de travail, il entreprend de raconter à
sa compagne la véritable histoire de Pinocchio, une histoire qu’il
connaît d’autant mieux qu’elle est la sienne, Pinocchio et lui ne
faisant qu’un. Il nous ramène à l’époque où il n’était encore qu’une
petite figurine de bois.
La marionnette prend vie devant nous, animée par son double humain
qui lui donne aussi la réplique sous le nom de Gepetto, son père.
Etant très pauvre, celui-ci doit se défaire de son manteau afin
de pouvoir lui acheter le livre garant de son éducation à l’école.
Avant de partir, notre héros à tête de bois ne reçoit pour tout
casse croûte… qu’un misérable spaghetti noué soigneusement autour
de son cou ! Ah non, décidément ! Son père n’est pas très riche.
Sur le chemin de l’école Pinocchio va faire de bien vilaines rencontres,
assister à un spectacle de petites marionnettes (ne faisant lui-même
pas plus de trente centimètres de haut je vous laisse imaginer la
taille des marionnettes qui lui paraissent « petites »…), faire
beaucoup de bêtises avant que la bonne Fée Charité (verte comme
l’espérance) ne le ramène sur la bonne voie.
Mêlant théâtre et théâtre de marionnettes, nos deux comédiens jouent
tous les rôles, manipulant pas moins de treize figurines et parvenant
à nous faire croire à la réalité de tous ces personnages terribles
ou attachants. Ils se servent de marionnettes à gaine ou à fil,
d’ustensiles de cuisine en guise d’accessoires. Les spectateurs
peuvent admirer une magnifique baleine matérialisée par une figure
sculptée sur du carton avec un large trou dedans afin que la tête
du père de Pinocchio puisse s’y introduire et –on espère- s’en échapper.
L’émotion est au rendez-vous à chaque instant. De fait les personnages
sont pris au sérieux, avec le minimum de dérision qui garantit un
humour tendre et de bon aloi. On pense à la candeur attendrissante
d’un Pinocchio aux accents déchirants et au nez forcément imprévisible.
Les thèmes abordés correspondent à l’apprentissage des dures réalités
de la vie : le mensonge, la manipulation, la quête du bonheur, la
vénalité des filous mis en déroute par leur bêtise extrême. Le charme
de cette création splendide et sensible opère sur tous, petits et
grands.
Loïc
Besnard, www.theatre-enfants.com
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